Cyberassurance en Suisse, le marché progresse mais reste minoritaire, ce que les entreprises doivent affronter

La cyberassurance progresse en Suisse, mais reste loin d’être généralisée dans les entreprises. Selon l’Association Suisse d’Assurances, 11,5% des sociétés sont couvertes, pour 72’000 entreprises assurées. Les primes atteignent 153 millions de francs suisses côté entreprises sur l’exercice 2025. Le marché avance, mais il change de rythme. Après des années de hausse rapide, plusieurs indicateurs […]

Julien JuchereauRédaction Assurance du Net · Mis à jour le 8 octobre 2026 · 7 min de lecture
Cyberassurance en Suisse, le marché progresse mais reste minoritaire, ce que les entreprises doivent affronter

La cyberassurance progresse en Suisse, mais reste loin d’être généralisée dans les entreprises. Selon l’Association Suisse d’Assurances, 11,5% des sociétés sont couvertes, pour 72’000 entreprises assurées. Les primes atteignent 153 millions de francs suisses côté entreprises sur l’exercice 2025.

Le marché avance, mais il change de rythme. Après des années de hausse rapide, plusieurs indicateurs décrivent une croissance plus normalisée et un secteur qui se structure. La Suisse affiche une dynamique de souscriptions, la France met en avant une progression des primes avec une baisse des indemnisations sur 2023, et le Canada décrit une stabilisation récente malgré des résultats techniques sous pression.

Le point commun tient en une phrase, le risque cyber est devenu assurable, mais il n’est pas encore assuré partout. Et le prix de cette couverture dépend de plus en plus de la qualité de prévention et des exigences de souscription.

En chiffres
11,5%
entreprises assurées contre les cyberrisques en Suisse
selon l’Association Suisse d’Assurances
72’000
entreprises assurées en Suisse
hausse de 7,5% sur un an
153 M CHF
primes entreprises en Suisse
exercice 2025
328 M€
primes cyber payées par les entreprises en France
année 2023
153%
ratio combiné moyen au Canada
moyenne 2019-2023

Suisse: 72’000 entreprises assurées, mais seulement 11,5% couvertes

Le premier signal vient du taux de pénétration. En Suisse, environ 11,5% des entreprises disposent d’une cyberassurance, selon l’Association Suisse d’Assurances (ASA) [1]. Ce chiffre dit deux choses, une progression réelle, et un marché encore minoritaire.

Suisse: 72'000 entreprises assurées, mais seulement 11,5% couvertes

Côté volumes, l’ASA fait état d’une hausse de 7,5% sur un an du nombre d’entreprises assurées, qui atteint 72’000 [1]. Le mouvement n’est pas limité aux professionnels. Pour les particuliers, le nombre de polices augmente d’environ 18% et dépasse 480’000 [1].

Côté primes, l’exercice 2025 est présenté comme positif. Le volume s’élève à environ 29 millions de francs suisses pour les particuliers et 153 millions pour les entreprises [1]. L’ASA décrit la cyberassurance comme l’un des marchés affichant la plus forte croissance [1].

Concrètement, cette progression ne signifie pas que le sujet est réglé. Un taux de couverture à 11,5% suggère que beaucoup d’entreprises restent exposées, soit par choix, soit par manque d’offre adaptée, soit parce que les conditions d’assurance exigent un niveau de sécurité jugé trop contraignant.

France: primes en hausse, indemnisations en baisse sur 2023

Le marché français avance aussi, mais avec une intensité plus faible qu’auparavant. Selon la JSS, la croissance a été moins forte que les années précédentes, car les grandes entreprises, définies comme celles dont le chiffre d’affaires dépasse 1,5 milliard d’euros, n’ont pas augmenté leur budget consacré à ces souscriptions [2].

France: primes en hausse, indemnisations en baisse sur 2023

Côté chiffres, le volume total des primes payées par les entreprises souscriptrices s’établit à 328 millions d’euros en 2023, contre 316 millions en 2022 [2]. La hausse existe, mais elle traduit aussi un marché qui se rapproche d’une phase de maturité sur certains segments, en particulier chez les grands comptes.

Autre point. Les sinistres. D’après la JSS, les cyberassurances ont déboursé 38 millions d’euros d’indemnisations en 2023, contre 71 millions en 2022, soit une baisse de 46% [2]. Le texte attribue cette dynamique à une réduction des sinistres, en montant et en fréquence, et à la poursuite d’efforts de protection côté entreprises [2].

Un indicateur est cité pour lire la viabilité économique du segment, le rapport prime sur sinistre [2]. L’idée est simple, plus les primes couvrent largement les sinistres, plus le modèle est soutenable. Dans le même passage, Philippe Cotelle, président de l’Amrae, est cité affirmant qu’en 2023 aucune grande organisation n’a subi de crise majeure et qu’aucun sinistre supérieur à 10 millions d’euros n’a été enregistré [2].

Le problème? Une bonne année de sinistralité ne suffit pas à figer le marché. La cyberassurance reste exposée à des événements rares mais coûteux, et aux effets de contagion, quand une même faille ou un même prestataire touche plusieurs assurés.

Ce qui change pour les entreprises

Couverture encore faible
En Suisse, la cyberassurance progresse, mais seulement 11,5% des entreprises sont assurées, selon l’ASA [1].
Croissance moins rapide
En France, la progression du marché est décrite comme moins intense que les années précédentes, les grands comptes n’ayant pas accru leur budget dédié [2].
Rentabilité sous pression
Au Canada, le ratio combiné moyen atteint 153% sur 2019-2023, signe de coûts de sinistres et de frais supérieurs aux primes [3].
Sinistralité volatile
En France, les indemnisations baissent en 2023, mais le risque reste exposé à des événements rares et coûteux, selon les indicateurs cités [2].
Projections mondiales élevées
Un rapport de marché estime 15,87 milliards de dollars en 2023 et projette 130,57 milliards d’ici 2033, avec une croissance portée par les cybermenaces et la réglementation [4].

Canada: des primes passées de 18 à 550 millions, puis une stabilisation récente

Le Canada illustre une trajectoire en deux temps, forte expansion, puis stabilisation. Selon un rapport sur les tendances du Bureau d’assurance du Canada (BAC), les primes d’assurance cyberresponsabilité passent de 18 millions de dollars en 2015 à 550 millions en 2023 [3]. Le document précise que ces chiffres sous-estiment probablement la réalité [3].

Depuis, le marché se stabilise sur les deux dernières années, d’après la même source, grâce à une meilleure compréhension du risque par les assureurs, à l’amélioration des normes de souscription et à une offre de produits jugée mieux adaptée [3]. Le texte évoque aussi une augmentation des flux de capitaux, qui favorise la concurrence et de meilleures conditions de couverture [3].

Mais le cœur du sujet reste la rentabilité technique. Le rapport cité indique que les coûts liés à la fréquence et à la gravité des sinistres ont dépassé la croissance, avec un ratio combiné moyen de 153% entre 2019 et 2023 [3]. En clair, les assureurs ont payé 1,53 dollar d’indemnités et de frais d’exploitation par dollar de primes [3].

Ce contraste, croissance des primes d’un côté, pression sur les résultats de l’autre, explique pourquoi les assureurs resserrent souvent leurs conditions. Question simple, qui paie quand la cyberattaque devient systémique? Les contrats et la sélection des risques deviennent la ligne de défense numéro un.

Marché mondial: 15,87 milliards de dollars en 2023, projections à 2033

À l’échelle internationale, certains cabinets décrivent une croissance rapide. Un rapport de Perspectives du marché mondial de la cyberassurance indique une valorisation du marché mondial à 15,87 milliards de dollars en 2023, avec un TCAC de 23,46% entre 2023 et 2033 et une projection à 130,57 milliards de dollars d’ici 2033 [4]. Le même document cite l’Asie-Pacifique comme région qui devrait croître le plus vite sur la période [4].

La mécanique avancée est classique, multiplication des cybermenaces, pressions réglementaires, prise de conscience du coût des incidents, et recherche d’un transfert de risque via l’assurance [4]. Dans cette logique, les assureurs vendent une promesse de couverture, mais aussi un cadre, exigences de sécurité, questionnaires, audits, clauses, exclusions.

Reste un détail, qui pèse lourd. Les chiffres mondiaux agrègent des réalités très différentes selon les pays, les secteurs et la maturité des entreprises. Les tensions sur la sinistralité, observées au Canada, et la baisse des indemnisations en France sur 2023, montrent que le marché peut changer de direction vite, suivant la nature des attaques et la qualité de prévention.

En Suisse, l’ASA met déjà en avant un marché en forte croissance, mais avec une couverture encore faible dans les entreprises [1]. Ce décalage pose une question opérationnelle, combien de sociétés attendent un incident majeur pour s’assurer, et combien pourront encore le faire aux mêmes conditions après une vague de sinistres?

Chiffres clés cyberassurance 2023-2025

  • Suisse: 72’000 entreprises assurées, 11,5% de pénétration [1]
  • Suisse: primes entreprises 153 millions de francs suisses sur 2025 [1]
  • France: primes 328 millions d’euros en 2023 [2]
  • Canada: primes 550 millions de dollars en 2023 [3]

Points de vigilance pour les entreprises

  • Souscription: exigences de sécurité plus strictes, questionnaires plus détaillés [3]
  • Sinistres: volatilité possible, y compris sur des événements rares mais coûteux [3]
  • Budgets: plafonnement possible chez les grands comptes, comme observé en France [2]
  • Couverture: faible pénétration en Suisse, malgré la hausse des polices [1]

Les chiffres clés de la cyberassurance

  • En Suisse, 11,5% des entreprises sont couvertes par une cyberassurance.
  • Le nombre d’entreprises assurées en Suisse atteint 72’000 après une hausse de 7,5% sur un an.
  • En Suisse, les primes 2025 s’élèvent à 153 millions de francs suisses pour les entreprises.
  • En France, les primes cyber passent de 316 millions d’euros (2022) à 328 millions (2023).
  • Au Canada, les primes cyberresponsabilité atteignent 550 millions de dollars en 2023.

Cet article a été rédigé avec l' assistance de l' intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.

Julien Juchereau
Rédaction Assurance du Net

Julien Juchereau est rédacteur web. Sur Assurancedunet, il documente l’assurance santé, les mutuelles et la prévoyance : il compile les tableaux de garanties, recoupe les sources officielles et cite ses références. Il n’est ni courtier ni professionnel de santé — quand une information n’est pas vérifiable, il le dit plutôt que de l’inventer.

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